
Le Grand Escalier >> L'Odyssée Magique
| Chapitre 6.2 - Scylla | |||||
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![]() ![]() Adulte
PNJ |
Titre : Chapitre 6.2 - Scylla
Créé : 19/09/2026 à 00:22:10 - Modifié : 19/09/2026 à 00:28:10 ![]()
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Préfet en chef Chroniqueur Gryff'Time Membre des Maraudeurs ![]() ![]() 1re année
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Titre : Re : Chapitre 6.2 - Scylla
Créé : 19/09/2026 à 00:48:09
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Chroniqueuse Crocs Disciple de Slug ![]() ![]() 7e année
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Titre : Re : Chapitre 6.2 - Scylla
Créé : 19/09/2026 à 10:22:44 - Modifié : 19/09/2026 à 10:29:20
* Que de tourments endurés, que d'épreuves subies depuis leur enlèvement, leur kidnapping, dans le Poudlard Express !
Et, depuis leur départ de l'île de Circé, que d'élèves avaient disparu, étaient morts, donnant en quelque sorte raison à la magicienne, et corroborant ses dires, ses prédictions. Jemima en était malade, psychologiquement. Elle se sentait de plus en plus responsable du sort de ces enfants qui ne reviendraient jamais chez eux, de ces parents dont la douleur serait insoutenable. Avait-elle vraiment fait le bon choix en décidant, pour toutes et tous, de poursuivre le voyage ? Cependant, elle pensait aussi aux élèves qui, elle l'espérait, retrouveraient leur foyer, aux parents qui retrouveraient leurs enfants. Encore fallait-il, pour cela, survivre aux dangers, aux embûches, qui allaient encore très probablement se produire. Alors que le bateau avançait sur une mer calme, en apparence, une immense grotte apparut sur sa route, avec un passage rocheux étroit dans lequel l'embarcation s'engouffra. Il n'y avait pas d'autre solution ! Une chape supplémentaire de culpabilité s'abattit sur les épaules de la jeune fille lorsque, de la roche, sept têtes, attachées à un seul corps immense, apparurent. Scylla ! Des têtes qui cherchaient chacune une proie ! Sept têtes avides de vengeance ! En voyant l'une de ces têtes se diriger vers l'endroit où elle se trouvait, Jemima sentit la panique monter en elle, et elle n'eut plus qu'une idée : échapper à ces dents monstrueuses. Elle courut alors se cacher derrière un élément du navire particulièrement important mais d'autres élèves y avaient déjà songé et y avaient trouvé refuge, selon eux. La tête l'y poursuivit et, finalement, ce fut de l'un de ses compagnons d'aventure dont la tête s'empara, à sa place, à elle ! L'horreur absolue ! Car, regardant autour d'elle, elle ne put que constater qu'il y avait eu sept morts. Sept têtes, sept morts, encore des morts ! Dont un dont elle était responsable ! S'en remettrait-elle un jour ? C'était fort peu probable. Un peu de réconfort au milieu de ce carnage lorsque la jeune fille vit que Meelo avait échappé à Scylla. Le jeune garçon était vivant et en colère car son chapeau avait disparu. Et là, il s'en prenait au Tableau qu'il accusait de ne pas avoir guidé correctement le groupe, de les avoir trompés avec ses conseils. Jemima le comprenait, elle comprenait sa colère d'enfant, cependant, qui d'autre aurait pu les guider ? * JEMIMA : Nous avons été attaqués dans le Poudlard Express et emmenés de force sur ce bateau. Nous ne savons toujours pas, vraiment, par qui ni pourquoi, cela reste un mystère quoi qu'on nous ait dit ou fait croire. Dans ces conditions, qui, parmi nous, les kidnappés, aurait pu nous guider sur cette mer inconnue pour nous indiquer le chemin à suivre pour rentrer chez nous ? Pour rejoindre Poudlard ? Il y aurait eu certainement des dissensions, des luttes pour prendre la tête du groupe, sans certitude réelle quant à ses capacités et sans connaître ses motivations. Quoi qu'on en dise, le Tableau a été de bon conseil, et il connaît bien des choses que nous ignorons. Homère connaît cette mer. Mais, il nous a donné un conseil essentiel : rester unis ! Si nous commençons à nous disputer, nous ne sommes pas près de revoir nos familles. Je comprends qu'au vu des événements, le Tableau d'Homère est un bouc émissaire tout trouvé. Et, si ce sont les dieux et déesses de l'antiquité qui prennent plaisir à jouer avec nous, petits sorciers humains qui pensons pouvoir faire de la magie, alors ils doivent bien s'amuser de là où ils sont, en voyant que leur plan fonctionne et que nous sommes prêts à briser notre union. Et à vilipender Homère dans son Tableau. Pour moi, le Tableau reste notre seule chance de retrouver les nôtres. Et ce, malheureusement, en payant un lourd tribu à ce retour, avec les morts que nous laissons derrière nous, et en sachant qu'il y en aura encore probablement. Circé m'avait avertie mais j'ai décidé de poursuivre notre voyage. Dans ce cas, moi aussi, je suis coupable d'un mauvais choix, d'une décision funeste. * Voilà, c'était dit. Il n'y avait pas que le Tableau qui était en cause. Et Jemima se sentit soulagée d'avoir ainsi exprimé publiquement la culpabilité qu'elle ressentait. *
Ma p'tite minette IRL est partie au paradis des chats
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Chroniqueuse Crocs ![]() ![]() 5e année
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Titre : Re : Chapitre 6.2 - Scylla
Créé : 19/09/2026 à 10:27:41 - Modifié : 19/09/2026 à 15:36:34
* Nox était terrorisée, comme paralysée dès qu'elle avait aperçu le monstre qui n'avait qu'une idée c'était de les avaler. Meelo venait de lui échapper et insultait le tableau qui avait "volé son chapeau".
Si elle n'avait pas eu si peur, elle aurait ri de tant d'innocence, c'était leurs vies qui étaient en jeu, pas leurs chapeaux, mais peut-être était-ce la façon que Meelo avait de lutter contre sa propre peur de la mort et pour ne pas y penser. Elle chercha d'urgence une façon de se dissimuler pendant que le monstre à six têtes continuait ses ravages. Elle commença par se jeter un sortilège de désillusion. Même si elle ne se sentait pas entièrement protégée, le fait qu'on puisse la confondre avec le bois qui était derrière elle la rassurait un peu. Elle se recroquevilla au sol, le corps collé contre l'une des parois du navire, tentant de passer inaperçue. Les têtes continuaient leurs ravages, déjà quatre personnes avaient été arrachées au pont et précipitées dans l'une des 6 gueules de Sylla . Paralysée par la peur, Nox eut le sentiment que la cinquième tête de Sylla l'avait vue malgré ses tentatives de dissimulation qu'elle pensait assez réussies. L'oeil du monstre semblait la fixer quand l'une des plus jeunes élèves, une jeune fille qui n'avait probablement encore jamais connu Poudlard, passa devant l'endroit où elle était tapie en hurlant et en courant. L'épouvantable tête la happa et l'avala en quelques secondes. La poufsouffle pleurait toutes les larmes de son corps devant cette nouvelle et horrible perte, un nouveau sacrifice sanglant qui lui avait sauvé la vie probablement car à présent l'œil ne s'intéressait plus à sa cachette ou du moins, pour le moment, mais les têtes continuaient à frapper et par sept fois, elles frappèrent, et par sept fois, une des personnes présentes disparut dans les flots. Le calme revint, un silence de mort tomba sur le navire, c'était fini, le bateau reprenait sa route. Elle n'avait aucune envie de procéder à l'inventaire des vivants et des morts, c'était épouvantable. Elle leva l'enchantement et ressentit une chaleur qui la fit se relever. Plusieurs de ses camarades étaient réunis autour du tableau et semblaient l'accuser d'être responsable de toutes ces pertes humaines. De même ils condamnaient Terry pour avoir ouvert le sac. Mais qui avait décidé que c'était Terry le responsable ? C'était d'autant plus surprenant que Terry avait l'habitude de manipuler les créatures dangereuses et c'était pour cette raison que Nox le croyait incapable d'actions inconsidérées. C'était un garçon prudent et elle ne voyait pas pourquoi il aurait subitement pris des risques surtout concernant une curiosité dont ils avaient tous été avertis. Le tableau d'Homère semblait accusé de parti pris et de traitrise, comme s'il était complice des assassins. Nox prit la parole et lança un sonorus. * Nox - Je ne crois pas qu'Homère soit responsable de nos malheurs. Je crois qu'en toute bonne foi, il nous indique le meilleur chemin possible, selon ses convictions. Je comprends vos soupçons car nos pertes sont nombreuses et nos amis qui sont partis dans les flots, nous ne les retrouverons jamais, mais je crois qu'il faut rester unis comme Homère nous le répète depuis le premier jour. S'il voulait nous perdre, il tenterait plutôt de nous séparer, non ? Je suis d'accord avec Jemima, il faut le suivre. S'il existait une autre route possible, il ne la connaissait pas, et il a cru faire au mieux, j'y crois et je suis prête à le suivre encore. Nous heurter les uns aux autres sur cette question ne nous aidera pas à avancer, et ça finira encore plus mal pour l'équipage encore vivant. Alors gardons le cap et unissons nous. Rappelez vous que nous voyageons vers Ithaque et que nous sommes certainement perdus dans un espace temps qui n'appartient pas à notre actualité d'élèves d'une école sorcière. Nous sommes en pleine Grèce antique et nos connaissances maritimes modernes, pour ceux qui en ont, ne nous serviront de rien. D'autres épreuves nous attendent probablement et seul le tableau pourra nous guider. Certes il y aura encore des pertes, peut-être est-ce la dernière fois que je vous parle et croyez bien que ça ne m'enchante pas, mais je pense que la seule façon de nous en sortir, c'est de suivre les indications du tableau. Sinon chacun ira de sa petite idée et nous finirons par nous entretuer sans que la Mer y soit pour quoi que ce soit ! * Elle se tut attendant des réactions. Elle repensait à Ulysse et au récit d'Homère qu'elle avait lu, est-ce que le tableau aurait pu les envoyer vers Charybde plutôt que vers Sylla ? Elle avait lu que Charybde déclenchait ses tourbillons trois fois par jour, mais était-ce vrai ? Auraient-ils pu passer entre les tourbillons sans faire naufrage ? Il n'y avait rien de moins certain, alors autant garder ça pour elle. * |
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![]() ![]() 3e année
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Titre : Re : Chapitre 6.2 - Scylla
Créé : 19/09/2026 à 15:22:47 - Modifié : 19/09/2026 à 15:35:27
* Jemima a oeuvré, tout est ok pour la réparation de cette embarcation qui tient davantage du radeau de la Méduse que d'un navire. Mirabelle a bien compris que l'étroit passage dans lequel la barcasse s'est engouffrée n'offre aucun choix de navigation.
Elle n'a pas de scrupule à quitter le poste de pilotage et c'est bien ce qu'elle a l'intention de faire. Auparavant, il lui faut encore batailler avec sa grenouille de compagnie, elle doit l'enfermer dans son sac extensible. Même si Rainette a rendu de fieffés services, il est hors de question de la laisser vagabonder à son gré. Meelo ne décolère pas et c'est justifié * - " Oh! Meelo, quel dommage pour ton chapeau, il était ravissant et il t'allait drôlement bien." * Pour le garçonnet, mieux vaut pourtant perdre le couvre tête que la tête. La Galloise veille à ne pas le dire à voix haute, pour l'heure - comme pour l'heur' - les passagers ont d'autres chats à fouetter. Avec ses têtes voraces, Scylla a sévi une fois, deux fois... et ça continue. C'est l'horreur absolue. Mirabelle avait prévu de rejoindre les autres sur le pont, histoire de se sentir entourée; évidemment étant donné ce qui se passe, son projet tombe à l'eau. La "jeune fille à la grenouille" est figée, incapable de faire le moindre mouvement. Pourtant ses neurones s'activent, elle sait bien qu'elle doit se cacher. De son côté, Rainette est sacrément contrariée et elle le fait savoir : le sac fait des soubresauts sur le ventre de la Boutondore. Voilà qui l'extirpe de sa torpeur et la ramène à la réalité. Un batracien n'est pas un être humain, Rainette n'est pas concernée par ce qui se passe, ce qu'elle veut c'est sortir à l'air libre pour pouvoir se pavaner. La Galloise regarde autour d'elle, la seule cachette possible c'est un petit espace sous la console de pilotage. En se contorsionnant, elle parvient à s'y enfoncer. Hélas, pour trouver de la place, elle a éjecté quelqu'un qui y avait déjà trouvé refuge. Il s'est fait dévorer sous ses yeux horrifiés. C'est la première fois de sa vie que la Galloise provoque la mort de quelqu'un. C'est son instinct de survie qui s'est manifesté, avait-elle un autre choix? Quoiqu'il en soit, elle ressentira de la culpabilité pour le restant de ses jours, elle le sait et ça commence déjà. * ~/~
"Continuer à suivre ou non les recommandations du Tableau? That is the question !" * Qui a ouvert le baluchon des vents ? Est-ce Terry Mitchell comme l'affirme Jade? Il est exact que Mirabelle avait plus ou moins vu le Magizoologiste se déplacer pendant la nuit de La Tempête. Elle avait pensé à une crise de somnambulisme, elle-même étant à moitié endormie, la Galloise se garderait bien de l'accuser. * ~/~
* Quand Mirabelle a pris la décision de faire partie de "l'Odyssée magique", elle se doutait bien qu'il ne s'agirait pas d'une gentille promenade digestive. Elle n'avait toutefois pas anticipé qu'elle serait à ce point confrontée à la Mort et, en premier lieu celle des autres. Certes depuis son tableau, c'est Homère qui semble gérer les aventures, pour autant chacun conserve son libre-arbitre. In fine, pour un Humain, c'est exactement ça la Vie : faire des choix, prendre le risque de se tromper ou pas. L'essentiel mais aussi le plus difficile étant de ne pas se leurrer soi-même sur soi-même. * " Restez-unis "
* C'est ce conseil d'Homère que Mirabelle considère comme primordial et pourtant, elle a éjecté quelqu'un. Elle décide de continuer le voyage, elle va se frotter aux vicissitudes de la vie, se confronter aux autres, dans le positif comme dans le négatif, mais c'est le seul moyen d'apprendre à se connaître un peu mieux. Il s'agit juste d'être humble face à sa condition d'Etre humain. * "Je reste dans le camp d'Homère" |
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Bibliothécaire ![]() ![]() Adulte
PJS de Lemony Parlambre |
Titre : Re : Chapitre 6.2 - Scylla
Créé : 19/09/2026 à 15:30:47 Le rocher des Sirènes évité, Jade n'eut que quelques minutes à elle. Et une pensée, en arrière plan. Elle revoyait brutalement les griffes du Jaguar déchirant l'air. Le silence de Terry, même après, sur cet animal. Et toujours ce geste. Ce même geste qui l'obsédait parce que depuis la caverne où il avait aisément pris charge, le Magizoologue n'était plus le même. Depuis la caverne où il avait pris charge avec assurance et énergie, même après l'horreur des enfants... Il était plus sombre depuis l'ouverture du baluchon. Et il y avait cette note dans sa voix quand il avait parlé de prendre ses responsabilités. Jade n'était ni voyante, ni Legilimens. Mais elle était une Sang-Pur passée maître dans l'art de déchiffrer les micro-comportements et les regards. Doucement, les pièces du puzzle se mirent en place quand elle aperçut une nouvelle fois un éclair de culpabilité face au vent qui les poussait. — C'est toi qui a ouvert le baluchon des Vents dit-elle, à trop haute voix, mais factuellement. Et la colère la submergea. — Je sais ce que c'est que la tentation. Je savais que ce baluchon serait ouvert, Terry ! Je n'ai montré aucune surprise parce que c'était une... un chaudron à retardement explosif. Je savais que ça serait ouvert. Mais par toi ? L'adulte responsable ? Est-ce qu'il ne restait qu'elle ? Terry était son ami, il était devenu son confident de facto, elle avait confiance en lui pour protéger sa vie et celle des enfants. — Pourquoi ? lâcha-t-elle. Ouch. Elle ne remarqua qu'après la violence de l'impulsion. Terry devrait lutter pour ne pas répondre. C'était un ordre, envoûtant, appuyant. Attention Jade. La voix d'Onyx, juste après l'illusion des Sirènes, était pire que tout. Mais il avait raison. Elle ne pouvait pas perdre le contrôle. Plus jamais. — Terry déclara-t-elle, glaciale. Tu as eu des semaines pour m'en parler. Pour te confier, pour m'expliquer, en privé, pour que nous réglions ça. Des semaines. Je t'aurais écouté, je t'aurai aidé... Nous sommes une équipe. Nous sommes les deux seuls adultes. Et j'ai vu trop d'adultes dangereux pour tolérer ça, là, maintenant. La colère vibrait, mais elle devait surtout, surtout, lutter contre sa nature et garder son ton creux. Les enfants entendaient ; elle préférait qu'ils sachent, mais elle ne pouvait pas leur demander de renoncer à faire confiance à un homme qui les avait sauvés. — Tu as conscience que dès l'instant où tu as gardé le silence, tu es devenu coupable de traîtrise ? Ah. Jade Parlambre faisait ce qu'elle pouvait, mais le lyrisme entrait dans sa voix en même temps qu'elle revoyait la noyade de Meelo, Terry qui avait le culot de morigéner Margaret, le "nous sommes tous les deux responsables des morts" et ce petit enfant de Serdaigle... C'aurait pu être évité. Ils auraient pu être à Ithaque avec des enfants encore vivants. Ils avaient vaincu la tempête sans une seule noyade. Terry aurait pû lui en parler tandis qu'ils pansaient les blessures les uns des autres et qu'ils se remettaient. Quand ils comptaient les vivres et verifiaient la présence de vermine ou de moisissure. Quand ils préparaient un lendemain inconnu. Jade était une adulte responsable. Mais elle avait été une adolescente baladée par des adultes dangereux, convoitée, menacée d'inceste sans que ses parents ne voient rien, harcelée dans un Poudlard de vingt ans auparavant où les professeurs n'avaient rien fait. Gagner sa confiance était rude. Elle ressemblait à tous ces adolescents qu'elle avait elle-même accuser de ne pas assez leur faire confiance, parce qu'en cet instant, sa confiance en Terry s'ébranla. Son corps eut un mouvement de recul. Pas un pas en arrière, mais tout aussi équivoque. — Qu'est-ce que tu caches d'autre ? Je veux uniquement les informations relatives à l'Odyssée. Inutile qu'il se mette à déverser ses plus noirs secrets, ou ses plus honteux. ***
A présent, le tableau. — Nous suivons vos instructions depuis que les vents ont éclaté... Vous avez pris une importance soudaine. Nous ne pouvons plus nous passer de vous. Tout le monde vous fait confiance... Mais j'ai passé l'entièreté de ce voyage à vous poser des questions auxquelles vous ne répondez pas. Jade n'avait jamais dissimulé ses doutes face au tableau. Surtout qu'il n'avait rien d'un simple tableau. Il était sentient. Relié au bateau de tellement de façons qu'elle le soupçonnait d'être le bateau. Et ça, ça signifiait qu'ils étaient en grand danger, car ils n'avaient aucune idée de l'allégiance du tableau. Aucune. — Pourquoi le Sud, Homère ? Répondez. Même avec une route plus longue, les Sirènes étaient évitables. Le Royaume des Morts était plus qu'évitables. Vous savez parfaitement où vous nous menez. Un bateau sentient... Un tableau d'écrivain aurait su que des enfants seraient perdus, ou à l'agonie, face aux voix et à des désirs qu'ils n'étaient pas prêts à entendre. Peut-être leur laisser le choix avait-il été une décision mal calculée de la part de Jade mais... Il fallait prendre en compte que ces adolescents avaient leur avis, leur consentement. Les Sirènes inévitables, elle avait fait le choix. Inévitables ? Vraiment ? Ils auraient pu passer très, très loin du rocher. Suffisamment loin pour qu'aucune ouïe ne capte le chant. — Vous nous faites suivre l'Odyssée d'Ulysse. Je sais qu'il y a la main du Destin dedans. Et je commence à penser que vous êtes partie intégrante de cette main. Homère, ce n'est pas n'importe quel symbole, n'est-ce pas ? Un vieil écrivain qui connaît tout... pourquoi se méfier ? Ses yeux s'étrécirent. Elle fit en sorte que chacun entende et écoute, véritablement, les mots soigneusement choisis. — Ce tableau n'est pas une peinture avec de la mémoire. C'est la voix du bateau. Cela n'a rien à voir avec les portraits de nos propres défunts. Homère n'est qu'une image, un symbole, et ç'aurait pu être une autre peinture, ou même la proue. Le bateau est sentient. Et par conséquent, nous ne connaissons pas son identité. ***
Jade aurait voulu pouvoir aller plus loin. Sauf que. Il y a une limite à ce qu'écoutent les êtres humains. Niveau concentration. Et tout ça. Et puis d'un coup, ce fut Scylla.
Bibliothécaire à l'affut ~
Née Promise
Née à Imbolc "Je ne suis pas Humaine, Onyx, pas entièrement. Et là tiendra toujours ma force." |
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![]() ![]() Adulte
PNJ |
Titre : Re : Chapitre 6.2 - Scylla
Créé : 19/09/2026 à 19:29:09 Le tableau sent l'agitation au sein du navire et cette fois, il ne peut pas faire semblant de dormir, et contrairement aux tableaux de Poudlard, il ne pouvait pas aller dans d'autres tableaux. Il n'avait que celui-ci. Son regard se dérobait légèrement mais sa voix demeura ferme. « Je vous mène à votre destin. Cet endroit est enchanté pour garder prisonnier le grand Ulysse lui-même. Si vous ne passez pas par les bons endroits, vous ne ressortirez jamais... » Mais vous sentez qu'il ne dit qu'une part de la vérité. Que comme la souligné Jade, certaines épreuves auraient pu être évitée ou mieux prévenue. Et pire, ici pour Scylla, même si Ulysse n'avait pas réussit à déjouer le monstre, cela n'aurait peut-être pas été votre cas, le tableau ne vous avait même pas laissé la possibilité d'essayer. « Vous devez prouver votre valeur. » Mais qui était donc ce juge qui demandait la vie d'enfant en échange d'une prétendue valeur ? |
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Chroniqueuse Chicaneur ![]() ![]() 4e année
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Titre : Re : Chapitre 6.2 - Scylla
Créé : 19/09/2026 à 20:09:59 Margaret en avait vécu des choses, ces derniers jours, ces dernières heures. À peine dépétrifié, la voilà qui devait essayer de survivre face à Scylla. Ces sept têtes avaient toutes un objectif précis : faire de l’un d’eux sa collation. La jeune Dubois tenta comme elle pouvait d’y échapper. Le corps encore un peu engourdi par le froid, le chant des sirènes et la pétrification. Même sa propre mère, qui n’était pas un exemple de vertu, ne lui avait fait vivre pire torture. Les intrusions inopinées de Camille dans son esprit lui manquaient presque. Ce qui était fort de café, quand on savait ce que le mage était capable de faire. Maintenant, il fallait survivre. Pour cela, l’adolescente avait quelques cartes en poche. L’intelligence était sa force, mais sa ruse aussi. Malgré le fait qu’on ne la considérait pas digne de la maison vert et argent. Il le fallait, pour déjouer cette créature aux nombreuses têtes et surtout, aux trop nombreuses dents. Se cachant derrière tout ce qu’elle pouvait trouver, il fallait qu’elle rassasie le monstre qui leur faisait face et avec appréhension pour la suite ainsi qu’une bonne dose de culpabilité, l’aiglonne poussa une plus jeune qu’elle, Mary O’Callaghan, face à Scylla, qui fit qu’une bouchée de la pauvre première année. Après ce méfait qui fit vomir la jeune Dubois, elle se recroquevilla dans un coin du bateau, attendant que le tout se calme. Que les cris cessent. Le calme revint, bien sûr. Le bateau passa cette épreuve, non sans difficulté, mais les cris revinrent rapidement. Tout le monde s’accusant les uns et les autres. Ce pauvre Homère en avait pour son grade de tableau. Se levant péniblement, recherchant le regard rassurant de Nathan, voilà que Margaret rassembla toutes ses forces pour essayer de raisonner certaines personnes. Jamais la jeune fille n’avait cru un jour tenir tête à un autre adulte qu’à sa propre mère. MARGARET : Je suis de l’avis de Jemima et des Poufsouffle. Pourquoi sommes-nous là ? Qui nous a lancé dans cette aventure ? Pourquoi la seule chose que la Direction a fait c’est envoyer une pochette de vent et un message ? Si ce message est venu à nous, la Direction est capable de venir aussi, non ? Pourquoi s’en prendre à un tableau, aussi ? Comme la plupart des tableaux, il ne fait que nous transmettre des souvenirs. Vous dites qu’il aurait pu nous prévenir, mais nous prévenir de quoi ? Toute notre Odyssée est écrite. Il nous suffit de rester unis dans ces tempêtes et face à ces créatures. Nous allons arriver à bon port. Puis vous avez du culot, Miss Parlambre d’accuser Mr. Terry. ll y a quelques jours, vous nous avez engueulés parce que nous avons demandé de l’aide. Et que dire du moment avec le Cyclope. Aucun des adultes ne voulait nous écouter. Grâce à qui sommes-nous sorties de la grotte ? Nous, les élèves. C’est bien beau la magie et les runes, mais à un moment, faut arrêter d’être aveuglé par la magie. Il faut arrêter de laisser votre syndrome de l’héroïne et du héros prendre le dessus. On ne pouvait pas sauver tout le monde. C’était écrit dans le ciel. Dans le récit. Pour la pochette, à quoi bon revenir sur cet épisode ? À part nous diviser. Ce qui est fait est fait. Maintenant, pouvons-nous continuer notre route sans nous accuser de tous les maux ? Il faut rester unis. Nous nous accuserons de tout et de rien lorsque nous serons en lieu sûr. À Poudlard s’il le faut. Il faudra bien répondre de nos actes, de toute façon. Si, bien sûr, tout ça est réel. Faisons du mieux que nous pouvons, avec nos connaissances. Le partage et le travail d’équipe sont nos seuls outils pour passer au travers. Sur ces paroles, Margaret s’écroula contre une paroi de leur embarcation, épuisée. Autant physiquement que moralement. Toutes ces disputes la vidaient. Elle avait hâte d’arriver quelque part, bien manger, se laver et enfin dormir. ![]() Kit de Nathan Fray |
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Magizoologiste Serveur ![]() ![]() Adulte
PJS de Matteo Galeazzo |
Titre : Re : Chapitre 6.2 - Scylla
Créé : 20/09/2026 à 00:08:46
![]() « La vraie vie est absente. Nous ne sommes pas au monde. » Une Saison en Enfer, Arthur Rimbaud |
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Bibliothécaire ![]() ![]() Adulte
PJS de Lemony Parlambre |
Titre : Re : Chapitre 6.2 - Scylla
Créé : 20/09/2026 à 02:01:41 - Modifié : 20/09/2026 à 02:58:45 Le soulagement que Jade éprouva lorsque Terry reconnut son fait sans lui reprocher ni sa colère, ni ses accusations publiques faillit la faire tomber à genoux. Les paroles qui suivirent l'angoissèrent. Peu de souvenirs ? Embrumé ? Certes, le déni est une puissante arme psychique mais... — Il existe la possibilité que ce soit simplement le traumatisme et la culpabilité qui aient altéré ta mémoire... Mais même si tu crois n'être sous aucune influence, même si je suis certaine que tu es entièrement honnête... Il y a une possibilité pour que tu subisses une influence extérieure dont tu n'es pas responsable... mais que tu puisses nous heurter contre ta volonté. C'était atroce de devoir faire un tel constat et la voix de Jade était devenue d'un monocorde si tourmenté d'émotions qu'on aurait cru entendre son fils. N'étant pas exempte d'erreurs et des aléas de ses propres traumatismes, le second adulte récupéra doucement les mains de Terry Mitchell. — J'ai dissocié dans cette grotte. Je n'ai pas anticipé avec Meelo. J'ai échoué à sauver autant d'enfants que toi. Non, tu ne porteras pas seul cette responsabilité. Tu en as sauvé une grande partie ; tu m'as empêché de me perdre, et tu m'as toujours rattrapée après que j'aie épuisé mes réserves. Elle baissa la voix plus encore. — Tu as anticipé mes insécurités avant même que je ne saches les avoir. Tu es la troisième personne que je rencontre qui l'ait fait et agi. Redresse la tête, Terry. Tu as commis un acte de trahison, mais tu as commis bien d'autres actes de confiance. Les aveux, l'humilité, l'honnêteté immédiate rendaient Jade tremblante et elle s'ancrait dans le sol comme elle le pouvait malgré le roulis. La pierre de feu qu'elle avait attachée en bracelet était plus efficace ; elle l'enserra de toutes ses forces. Parce que ne pas pouvoir se fier entièrement à l'esprit de Terry lui brisait le coeur... mais qu'il restait son coéquipier, et qu'elle avait toujours confiance en lui. ***
Et la suite lui prouva qu'elle avait raison, lorsqu'il géra Scylla. Sept bouches. Sept portes de l'enfer. Il était hors de question de revivre un deuxième Polyphème. Lorsque le premier élève fut dévoré, Jade perdit le contrôle d'elle-même. Elle lança tous les sorts offensifs qu'elle connaissait. Maléfices rouges, maléfices noirs, enchantements... Elle visa la bouche avec une fiole remplie de poison. Qui a ça chez soi ? Beaucoup, beaucoup de Sang-Purs. Six bouches. — Mais PAS six élèves en moins. Le "Jamais" resta en travers de sa gorge. Quelle promesse faire, si elle n'était pas assurée de la tenir ? Jade songea à s'envoler, avec de la cire et des ailes tout ce qu'elle, pouvait, tel Icare, loin de ce bateau, des responsabilités, de l'horreur. Loin du danger qu'elle courait. Deux élèves dévorés. Cinq bouches. Le poison ne faisait pas effet. Ou pas assez vite. Un impardonnable ? Mais Scylla pouvait être intangible, et les élèves, imprévisibles, risquaient de se retrouver sur la trajectoire. Et puis, Jade vit Margaret pousser une autre élève à sa place, pour survivre. Quatre– trois bouches. Le choc l'avait faite dissocier et perdre de précieuses secondes. Une deuxième fiole de poison soigneusement envoyée dans la bouche de Scylla, uniquement fatal si bu. Une inhalation ne provoquerait rien. Jade n'avait plus aucune énergie pour effectuer un cercle de protection, un dôme qui permettrait de garder les enfants en sécurité des dangers du ciel. Il y avait bien une possibilité. Se sacrifier. Et puis déchirer avec le poignard de Terry ce qu'elle pouvait de la créature, quitte à être là l'intérieur de son ventre. L'on pouvait survivre à l'avalement par Scylla. Sauf que Jade ne pouvait pas se sacrifier. Une telle magie ne protègerai personne ici. Et aucune, aucune autre solution ne lui venait à l'esrit. Et il resterait deux bouches à satisfaire. Et puis Lemony avait besoin d'elle. Elle était le seul adulte responsable pour son enfant. Elle ne pouvait pas le laisser. Mais ce n'était pas un bon argument. Tout le monde avait une famille. Il fallait se battre, sauf que Scylla ne pouvait être battue. Quelques souvenirs de cours lui revinrent, mêlées à ses connaissances moldues. De l'électricité. De la foudre. Créer de la foudre. Simuler la colère de Zeus. Calmer le monstre par la crainte. Etait-ce possible ? ***
Terry était toujours aussi efficace. Il rassura chaque élève ayant aidé, tenta de guérir les traumatismes de chacun d'entre eux. L'horreur passée, il fallait reparler de la dangereuse situation dans laquelle ils se trouvaient. Excepté que tous tous les Poufsouffles déclarèrent unanimement leur loyauté à Homère. Jade et Terry n'eurent pas même besoin de se concerter. Terry exposa les faits d'une façon plus efficace que la jeune femme aurait pu le faire. Elle, elle accrocha autant de regards que possible avant de commencer une approche en biais. — Il existe une histoire, commença Jade, qui commence avec une envie de vengeance. Une histoire où un jeune homme, beau, compréhensif, attentif, cajole une petite fille effrayée et lui promet de l'aider. Mais chaque fois, les choses empirent. L'enfant retrouve du sang sur ses doigts, des plumes sur ses vêtements, et ses amis commencent à être alignés, figés dans la pierre, dans l'infirmerie. Elle regarda Jemima, Nox, et Mirabelle, la plus jeune. — C'était la tempête aussi pour la petite fille. Elle était seule et elle avait l'impression de devenir folle. Mais le jeune homme la rassurait sans cesse. Il était son guide, il savait quoi faire. Il allait l'aider. Elle avait besoin de lui. Seulement, ce jeune homme n'était pas visible. Il avait une apparence inoffensive de cahier, un cahier enchanté tout simple, mais sentient, profondément intelligent. Les plus âgées connaissaient ce cours d'histoire. — Ce cahier était un Horcruxe, une partie d'âme noire, une partie d'une personne. La petite fille ne pouvait pas le savoir... et sans le courage de plusieurs adolescents unis, Ginny Weasley serait morte... et le monde aurait connu un Voldemort très puissant, mais si beau que l'on se laisserait prendre, car comment le mal peut-il être beau ? Jade inspira profondément. — N'importe qui peut faire des erreurs. N'importe qui peut se laisser avoir. Et plus que tout, lorsque l'on est prisonnier de temps durs, il est humain de se fier à la personne, ou tout comme, qui nous guide et nous aide, ou du moins semble toujours vouloir le faire. L'histoire de Ginny se termine sur une phrase primordiale : "Tu ne dois jamais faire confiance à quelque chose dont tu ne peux pas situer le cerveau." Elle regarda Homère. — L'esprit d'Homère n'est pas dans le tableau. Vous êtes toutes des sorcières expérimentées, vous savez toutes que les tableaux sont le reflet de la vie d'une personne décédée. Ils ne peuvent pas donner de conseils concernant le futur, ni voir des prophéties. Ils peuvent encore moins sentir autre chose que la peinture. Homère est le bateau. Je vous demande de réfléchir à ceci : où se trouve le cerveau d'Homère ? Pourquoi paraît-il aussi vivant ? Et qui est vraiment ce tableau ? Ce n'est pas Homère. Homère ne parlait pas anglais. Homère était un écrivain qui relatait une Odyssée. Homère aurait su faire appel aux dieux et quelles offrandes demander. Homère n'aurait pas donné de prophéties. Unis. Restez unis. C'était... tellement simple. C'était une manipulation de base. Appeler à rester uni, puis faire se retourner la situation contre la personne qui semait la discorde, qui empêchait de rester unis, qui empêchait la sécurité. Jade fulminait. Heureusement que Terry avait un sang-froid à tout épreuve, et pointait les exacts défauts du tableau tandis qu'elle se concentrait sur les impressions globales. Ils travaillaient ensemble depuis tellement longtemps... Elle n'avait pas besoin de lui dire à quel point elle était épuisée. Il le lisait sur elle. Il savait probablement mieux qu'elle quand exactement, elle avait dépassé ses limites. — Pourquoi ne l'as-tu pas fait ? M'en parler en privé ? Sous la violence des épreuves, les défauts que Jade maîtrisait d'ordinaire ressortaient. Mais ce n'était pas la seule chose. * Suis-je si distante, si inaccessible ? Ma fille n'a pas confiance en moi, la meilleure amie de mon enfant refuse catégoriquement de rester dans la même pièce que moi... J'ai... fait ce que j'avais à faire. Qu'ai-je raté pour que, jour après jour, alors que la confiance se construisait, Terry n'ait pas pu me parler ? Je veux savoir. Je veux entendre et écouter. * Ses yeux gonflés n'étaient pas dûs qu'à l'épuisement. La semi-Vélane aurait pu se sentir outrée par l'outing à demi-mots, mais en un sens... Elle eut un faible sourire. — Tu parviens à le sentir ? Je m'en doutais. J'ai peur, Terry. Je réagis à l'instinct. L'année dernière, Lemony a été blessé. Sainte Mangouste n'a pas pu le soigner... il aurait plutôt fallu... une équipe mixte... Comprends-tu ? "J'ai beaucoup plus d'ascendance créature que sorcière et quand je suis épuisée les instincts sont plus forts, et je suis particulièrement puissante pour une simple descendante" était un peu trop spécifique. Un peu trop dangereux. ***
Margaret... Elle était extrêmement complexe, et délicate à gérer. Elle ne pardonnait aucune erreur, sauf à sa petite personne et à son meilleur ami. — L'avis des Poufsouffles est de faire une confiance aveugle à ce qui dit être le tableau d'Homère, pas de poser des questions comme tu le fais. Et tu poses les bonnes questions. Il n'y avait aucune flatterie, et un ton complètement dénué de toute suggestion. Juste du factuel pur avec la neutralité d'une Sang-Pur en médiation, et Margaret avait été élevée dans ces codes. La jeune femme priait pour qu'elle accepte que non, l'adulte n'avait pas de motivations cachées. — Ce n'est pas un simple tableau. C'est une entité consciente qui vient d'admettre qu'elle nous envoie délibérément dans les mêmes pièges qu'Ulysse, parce que "Le Destin le veut". Être le jouet du Destin est hors de question. La suite, Jade supposa qu'elle l'avait un peu mérité. — Je n'aurai pas dû accuser Terry publiquement. J'aurais dû attendre ce soir, mais comme vous venez de le voir, le soir n'arrivera pas forcément pour nous tous. Quand la Jarre a été confiée à Pandore, tous savaient qu'elle l'ouvrirait. C'était un piège. Quand on nous a confié le baluchon... je savais qu'il serait ouvert. "A n'ouvrir sous aucun prétexte" est une incitation à déclencher le cataclysme. Je pense que vous avez tous eu des expériences avec des pairs qui ont envie de semer un peu le chaos, qui résistent mal à la curiosité... Je suis furieuse de ne pas avoir été prévenue parce que nous travaillons en équipe. Et tant qu'à faire... Jade augmenta aisément la portée de sa voix. — Terry, nous travaillons ensemble depuis le premier jour. Une erreur ne signifie pas l'annulation complète d'un lien, d'une collaboration. Je te confierai toujours ma vie et tous les élèves de ce bateau lorsque le moment viendra. Et tu as raison : chaque élève a fait ce qu'il pouvait. La peur est un moteur puissant, le sentiment d'urgence pousse à prendre une décision sans réfléchir, sans prêter attention aux incohérences. Nous aurions pu éviter les Sirènes. Et il nous faut continuer à questionner le tableau. Maintenir la confiance dans l'autre adulte. Il y avait possibilité de corruption, mais il n'avait jamais vacillé en dehors de l'ouverture du baluchon. Si jamais quelque chose avait forcé la main de Terry, Jade le tirerait des vers d'Homère. ***
La bibliothécaire reprit sa discussion avec Margaret. Elle l'aurait préférée privée, mais accusée ainsi en public, elle était acculée, elle risquait de perdre la confiance des élèves qui voulaient encore bien lui accorder et contrairement à l'adolescente qui avait des amis et des alliés, elle n'avait pas le droit à la moindre erreur.— Margaret. J'ai commis des erreurs. Je n'ai pas réagi assez vite dans la caverne, mais ni Terry ni moi n'avons refusé de vous écouter. Nous avons refusé les idées déjà utilisées par Ulysse, nous avons aussi refusé de blesser Polyphème à cause des répercussions possibles de la part de son père. Oui, dans le chaos du début nous avons peiné à être à la hauteur. Nous ne sommes que deux. Elle déglutit, mais certaines choses devaient être dites. Tant pis. Elle garda tout de même la conversation aussi privée que possible, luttant contre elle même. Elle devait apprendre de ses erreurs, en l'occurrence celle qu'elle avait commise juste avant le désastre de Scylla. Même si c'était une lutte constante. Contre la peur que tous l'accusent de vouloir prendre le contrôle si elle ne répondait pas aux accusations. Parfois, l'ambition n'est pas d'être le plus puissant ou le plus héroïque. Parfois, l'ambition est d'être une figure protectrice envers et contre tout, d'être la personne dont on aurait soi-même eut besoin. — Je suis venue prendre des nouvelles de Nathan ; je t'ai présenté mes excuses lorsque j'ai commis des erreurs, à plusieurs reprises. Si tu désires me prendre à parti et démontrer à quel point je suis irresponsable, alors je vais te demander de répondre de tes actes en tant qu'adulte à ton tour. Tu ne m'as jamais répondu. Tu m'as ignorée. Tu as snobé toutes mes tentatives, sans essayer de me parler. << En me prenant à parti publiquement, tu effrites volontairement les liens de confiance que j'essaie de construire. Je vais devoir prendre le temps de faire mes preuves à nouveau. Et tes mots risquent de déclencher une foule en colère contre moi. L'as-tu mesuré ? << Je partage l'avis de Terry : ce n'est pas le moment de régler des comptes. J'ai explosé de colère après une rude épreuve ; il y avait des choses vraies, des choses subjectives, et des choses fausses, il y avait des choses que je n'aurais pas dû dire et je m'en excuse. Elle laissa un long silence suivre ses mots. Et elle tenta de se voir à travers les yeux de la Jade Parlambre de quatorze ans. Celle qui ne savait pas faire de magie sorcière. Celle qui aurait pu résoudre une partie des soucis, comme le bateau, avec du matériel d'art, qui parlait encore grec et latin et n'avait pas la moindre idée de ce qu'être Vélane signifiait, à part "Ne reste jamais sous les astres pour ne pas te trahir". Celle qui se serait élancée sur Scylla avec des ciseaux de couture pour taillader les bouches, aurait plongé la lame dans du poison avant de l'envoyer directement dans le coeur des Sirènes. Celle qui se serait défiée de la Jade adulte parce que les adultes ont toujours un motif. Qu'on leur fasse confiance, juste pour qu'ils puissent mieux nous manipuler. Qu'on arrête nos exploits pour qu'eux puissent briller à leur tour. Qu'on parle trop pour qu'ils puissent trouver la faille et nous le faire payer, ou pas assez pour qu'ils puissent nous accuser d'un manque de coopération. Jade devait rester adulte parce que de nombreux avaient besoin d'elle. Cela ne l'empêcha pas de s'asseoir, sachant qu'elle-même aurait détesté être désavantagée par la taille. — Tu n'es pas obligée de me croire, mais en dehors de quelques moments d'ego blessés ou je me suis vite reprise... Être une héroïne ne m'intéresse pas. Je l'ai dit : je ne peux pas aider à dompter les tempêtes quand je suis dans la cale avec les plus jeunes... et si vous êtes aptes à faire face à la tempête mais que personne d'autre ne peut aider les plus jeunes, alors je serai auprès d'eux. Elle soupira. Scylla était un désastre, "Homère" avait acquis les Poufsouffles à sa loyauté, ce qui serait quasi impossible à défaire, et Terry se défiait du tableau autant qu'elle, mais il était potentiellement une menace, pas forcément apte à garder le contrôle de son propre corps. — Si nous parlions français, je te dirai de me tutoyer. Oublie le "Miss" ; tu peux utiliser mon nom de famille ou mon prénom. Mon titre, si tu veux. Je ne veux pas de pouvoir. Je veux ramener tout le monde sain et sauf. Tu as de bonnes et de mauvaises idées, j'ai de bonnes et de mauvaises idées, tu as le droit d'être écoutée autant que Terry ou moi. Toi comme les autres personne sur ce bateau. Circé ne voulait pas que nous continuions ce voyage. Elle savait que nous serions la main du Destin et elle a voulu aller contre. Admettre à l'adolescente que la transformation en animale avait d'abord été vécu comme une trahison ultime... admettre ses croyances les plus intimes, soit que Circé était une victime qui avait joué de son pouvoir sur les hommes et été dépeinte comme une barbare de petite vertue pour cela... Entendre ses motivations avaient été un soulagement intense. Parce qu'elle comprenait. Et à présent qu'ils encaissaient massacres sur massacres, elle comprenait d'autant plus l'utilisation de la transformation animale. C'était la force de Circé, son pouvoir le plus puissant, son unique moyen de peut-être remporter la partie. — Tu souhaites savoir pourquoi je m'en prends au tableau ? D'une parce que ce n'en est pas un. De deux, parce qu'Homère a écrit l'Illiade et l'Odyssée et que dans ses récits, les femmes sont soit des manipulatrices parce qu'elles refusent d'être contrôlées, soit des saintes parce qu'elles se préservent pour lui. Parce que lorsque je lis que Pénélope a résisté, je lis que si elle avait échoué à ne pas être violentée, la flèche aurait été pour elle... et que selon l'écrivain Homère, ç'aurait été mérité. Je peux me tromper dans le sous-texte. On peut toujours. Jade eut un haussement d'épaule comme chaque fois qu'elle avait débattu avec son frère et qu'il y avait une marge d'erreur possible. — Je suis d'accord avec toi sur le fait de travailler en équipe, je suis d'accord avec l'importance de rentrer... mais pas à n'importe quel prix. << Nous avons remis notre destinée entre les mains d'un inconnu, qui a menti, qui n'a jamais prévenu de quelle serait la prochaine étape malgré les jours écoulés entre les épreuves, qui apparaît sans émotions quand l'un d'entre vous est blessé, donnant juste une indication. Nous avons failli te perdre, perdre Meelo, perdre Nathan. Tellement d'adolescents sont morts que je ne peux que suivre ton conseil d'avancer d'abord et de pleurer après. << Nous avons aussitôt écouté Homère, uniquement parce que c'est le portrait de celui qui a rédigé l'Odyssée... Je n'ai aucun intérêt à me mettre à dos les adolescents qui nous aident le plus, Terry et moi, à maintenir la barre. Mais suivre aveuglément encore et encore alors que des tragédies évitables se multiplient... Récupérant la notion du temps, Jade se leva d'un bond pour s'adresser à tout l'équipage. Elle avait oublié, peut-être, à force de perdre des enfants sous sa responsabilité que l'âge n'est pas un critère en ce qui concerne les bonnes idées. Un petit de six ans peut tout à fait voir une logique qui aidera grandement une situation, là où les plus âgés feront des contorsions cérébrales. — Scylla est partie, mais ce n'est pas terminé. Et la fin du voyage ne sera pas Poudlard. Ce sera Ithaque. C'est une histoire de vengeance. Ca l'est depuis que les wagons ont été attaqués : vous l'avez tous entendus. Il y a un prix à payer : nous sommes avertis que c'est une sorte de Destinée, que quelqu'un réclame son dû. Sauf que ce dû, c'est vous, et que quoi qu'il advienne... nous nous battrons pour que vous soyez gardés en dehors ! La Guerre de Troie, la Pomme de la Discorde... Même Polyphème ! Nous avons refusé de le blesser. Nous ne sommes pas Ulysse, ni Achille, ni Ménélas. Chacun d'entre vous essaie d'aider. Si valeur il y avait à prouver, ce n'est plus le cas depuis longtemps. Jade. Pas de diatribe sur le fait qu'aucun être humain n'a à démontrer sa valeur. Continue. Quelqu'un a décidé que nous devions payer, et il faut trouver qui. Certes, vous pouvez continuer à vous fier au tableau, mais je vous conjure de garder à l'esprit qu'il est, peut-être involontairement, lui aussi prisonnier de la main invisible tirant les ficelles. Même en voulant aider, il peut possiblement être dangereux. C'était un balancier pour ceux que l'accusation de Terry concernant la tentative de meutre collectif aurait heurté. Leur partenariat était un balancier constant. Et Jade le trouvait efficace. C'était la première fois depuis des années qu'elle était autant à l'aise, à savoir comment réagir sans concertation nécessaire. ***
Il lui restait une chose importante à faire. Jade Parlambre retrouva Margaret Dubois sans aucune posture d'adulte ni hostilité. Elle avait une question à poser. Elle savait peu de la jeune fille au personnel ; elle connaissait son tempérament, en partie. Méfiante. Malicieuse, prête à mettre le chaos. Pour autant, Jade ne l'avait pas soupçonnée concernant le baluchon. L'adolescente refusait les adultes parce qu'elle avait déjà souffert suffisamment. Pourquoi aurait-elle ajouté plus de violence après la caverne, ou elle avait si bien pris les commandes ? Elle détourna ses yeux verts en direction de l'horizon : — Fais-tu réellement confiance au bateau sentient ? Et pourquoi ? Margaret avait le sens du danger. Elle était difficilement manipulable lorsque la magie n'était pas impliquée. Si elle avait une raison logique, imparable pour se fier à Homère... Jade écouterait.
Bibliothécaire à l'affut ~
Née Promise
Née à Imbolc "Je ne suis pas Humaine, Onyx, pas entièrement. Et là tiendra toujours ma force." |
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Préfet Chroniqueur Chicaneur ![]() ![]() 4e année
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Titre : Re : Chapitre 6.2 - Scylla
Créé : 20/09/2026 à 10:35:32
Le chant des sirènes disparut lentement, laissant les esprits sortirent de cette étrange transe qui avait conduit Nathan à des actes absurdes. Il se sentait vide, son cœur battant encore bien trop vite, ne trouvant plus son rythme habituel. Il sentait une tension monter chez ses camarades. Toutes ces épreuves commençaient à user la patience et le courage de tout le monde.
Au milieu du navire, une partie de voile reliée à une corde dans les mains, Nathan se demandait vraiment ce qu'il avait voulu faire. Peut-être que s'il avait réussi à s'envoler loin de ce cauchemar, il n'aurait pas eu à vivre la suite. Dans l'ombre du passage que le bateau avait prit, un monstre les attendait... L'attaque fut tellement rapide que le Fray eut à peine le temps de réagir alors que deux de ses camarades s'étaient déjà fait dévorer. Trop de têtes, pas assez de lieu pour se cacher. Certains tentèrent de se défendre, d'autres eurent de la chance. Nathan eut juste le réflexe de se rouler au sol pour éviter qu'une gueule aux dents acérées ne l'attrape et vit Mo se faire soulever dans les airs à sa place. Le problème fut que la Gryffondor s'était prit les pieds dans la voile que Nathan avait utilisé et quand le monstre emporta l'adolescente, Nathan fut projeté en l'air jusqu'à ce qu'il se retrouve suspendu, la tête en bas, son pied emberlificoté dans la corde, à une barre de flèche, cinq mètres au dessus du pont. Il était désormais exposé à la prochaine attaque mais, étrangement, Scylla l'épargna. Peut-être parce qu'une partie de la voile le cachait ? Peut-être parce qu'un dieu avait pitié de lui ? Suspendu au-dessus du groupe, Nathan se balançait comme un sac de pommes de terre, essayant de se remettre droit avant que le sang ne lui monte trop à la tête. En dessous, les voix s'échauffèrent. Toutes les épreuves commençaient à faire disjoncter l'équipe, à raison, et chacun donna son point de vue, notamment sur le tableau. Nathan écouta ce que chaque personne avait à dire. Pour lui, le tableau était un guide. Il sentait que chaque épreuve avait une raison d'être. Même s'il y avait des morts, même si l'horreur les frappait à chaque fois. C'était inévitable, comme si ce monde testait chacun pour voir s'il était digne de vivre cette aventure jusqu'au bout. Tout le monde avait commis des erreurs, il ne pouvait blâmer personne. Ce que le groupe traversait pouvait conduire aux pires actions. Nathan commençait à se lasser de ce débat et finit par se manifester. NATHAN : JE PENSE QU'IL EST TEMPS D’ARRÊTER DE SE PRENDRE LA TÊTE ! LE TABLEAU EST UN GUIDE ET JE PENSE QUE CHAQUE ÉPREUVE EST INÉVITABLE. IL LE DIT LUI MÊME, PROUVER NOTRE VALEUR. Le préfet réussit à s'asseoir à califourchon sur la barre de flèche et, comme sur un balai volant, cette position était inconfortable. NATHAN : ON PEUT CONTINUER À DÉBATTRE JUSQU'À LA PROCHAINE ATTAQUE OU RESTER UNIS ET TENTER DE SURVIVRE ENSEMBLE JUSQU'AU BOUT MAIS... Le Fray commençait à avoir mal à la gorge à force de crier pour se faire entendre de la-haut. NATHAN : QUELQU'UN PEUT-IL M'AIDER À DESCENDRE ? |
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Chroniqueuse Crocs ![]() ![]() 5e année
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Titre : Re : Chapitre 6.2 - Scylla
Créé : 20/09/2026 à 10:45:25 - Modifié : 20/09/2026 à 18:31:17
* Nox avait assisté à la douloureuse explication entre Jade et Terry et elle n'arrivait pas à comprendre ce qui n'allait pas entre eux, c'était certainement quelque chose qui prenait ses racines dans leur histoire personnelle depuis l'école et qui ne datait pas d'hier.
Finalement ça ne regardait qu'eux, sauf si cela avait un impact sur l'avenir de tous et c'était bien le cas. Jade agissait en permanence comme si elle était seule aux commandes, seule avec ses familiers humains, et en fait, il n'en n'était rien. Chaque individu présent comptait et avait un avis sur la question, elle ne prendrait pas de décision sans s'adresser à l'ensemble, ni elle, ni personne d'autre. Jade attendait une réponse de Margaret mais déjà, elle insinuait que le bateau sur lequel ils voyageaient avait sa propre conscience, sa personnalité et ses émotions. La question n'était donc pas neutre, elle incluait que Margaret admette que le navire avait une âme et était apte à prendre des décisions. Nox n'en croyait pas un mot. Margaret était intelligente, elle ne se laisserait pas embobiner. Certes elle avait été déçue par le fait que Terry aie ouvert le sac et provoqué la tempête, mais ils étaient tous des humains, sorciers oui, mais humains, ils étaient tous à la merci d'un tel geste. Terry avait trébuché, Mirabelle aussi, et certainement d'autres membres du groupe qui l'avaient fait plus discrètement, comme elle peut-être. On le découvrirait peut-être à la fin du voyage; ou pas. Là où Jade avait raison, c'est quand elle disait que ceux qui les avaient enlevés poursuivaient une vengeance et qu'il aurait fallu découvrir qui. Oui, mais comment ? Au retour peut-être, mais l'urgence immédiate n'était pas d'enquêter mais de survivre. Pour la suite, on verrait quand on serait sortis de l'au-delà, oui l'au-delà, car ils étaient coincés dans un espace temporel antique et pour la poufsouffle, le seul qui pouvait les en sortir était Homère, le tableau, et elle le sentait en danger car Jade s'appliquait à semer le doute dans la tête des gens encore vivants, et elle le faisait à ravir, se désolidarisant de nos actions à venir si nous décidions de continuer à suivre le portrait. Déjà elle parlait en nous disant "VOUS pouvez continuer à vous fier au tableau", d'ici qu'elle lui fasse un mauvais parti, il n'y avait pas loin. Elle parlait de la pomme de la discorde en la tendant au groupe pour qu'ils la croquent et non, il n'y avait pas "Terry et elle" et puis le reste du monde, les petites mains qui les aidaient à leur demande. Si quelqu'un avait prouvé sa valeur, c'était Jemima avec ses wadiwasi, et Mirabelle qui avait pris toutes les décisions à la barre du navire, sans l'aide de personne. Elle n'avait pas pris des heures à dévider des discours vides ni à faire et défaire une tapisserie de paroles, elle avait agi. Chaque individu avait un rôle important à jouer, les décisions devaient être prises de concert, ni plus, ni moins. D'ailleurs elle n'avait rien fait de plus que les autres à part semer la zizanie dans la tête des plus jeunes. Et Non encore, les jaunes et noirs ne faisaient pas une "confiance aveugle" selon son expression, et surtout pas à elle qui passait plus de temps à blablater qu'à agir. La 5e année très en colère s'approcha du tableau tandis que les "aînés responsables" - songea t-elle avec ironie - palabraient interminablement, au milieu d'un cercle de sorciers qui espéraient qu'il en sortirait quelque chose de bien. Nox appelait ça de l'optimisme. Elle ne dirait rien, ça ne servirait à rien d'intervenir entre ces différents monologues, mais par contre elle ferait comme elle l'entendait, elle protégerait Homère. Elle s'approcha du tableau d'Homère et commença par lui jeter un sortilège de désillusion avant de le déplacer pour le poser dans l'une des barques attachée au flan du bateau et qu'on utilisait en cas de naufrage. Au moins si on lui voulait du mal, gagnerait elle du temps. Un vieux sac en toile de jute tapissait le sol de la barque, probablement pour le protéger de l'humidité ou pour entasser des vivres. Prise d'une inspiration subite, elle lui jeta un sortilège d'extension que lui avait enseigné sa mère quand elle préparait sa malle pour Poudlard et que la totalité des livres n'entrait pas. Elle expliqua rapidement son idée au tableau. * Nox - Désolée Homère, je ne vous sens plus en sécurité, les esprits s'échauffent et je n'ai pas le temps de faire mieux. * Elle lui jeta un "impervius" pour le protéger de l'humidité et fourra le tableau dans le sac qu'elle laissa comme il était sur le sol avant de s'éloigner rapidement et de regagner le cercle qui écoutait le débat. S'il était plus qu'un tableau, il parviendrait peut-être à se libérer et dans le cas contraire, elle le remettrait en place dès que les esprits se seraient calmés. C'est alors qu'elle entendit l'appel de Nathan juché sur la barre de flèche. Elle l'en libéra avec un sortilège d'attraction. * |
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![]() ![]() 3e année
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Titre : Re : Chapitre 6.2 - Scylla
Créé : 20/09/2026 à 12:54:14 - Modifié : 20/09/2026 à 13:28:27 - " Nox, merci pour Nathan!"
* En écoutant les palabres et les règlements de compte entre Terry et Jade, Mirabelle est éberluée Même si Terry s'est improvisé co-plitote bien "après" que la bataille des Sirènes a été gagnée, elle sait qu'elle a piloté toute seule le navire. Ceux qui étaient présents et Homère le savent aussi. Le Magizooliste conseille à la Galloise de ne pas s'isoler? Il n'a donc pas remarqué que la Boutondore était seule à la barre mais elle n'était assurément pas isolée, ils étaient plusieurs à oeuvrer afin de protéger tout le monde, y compris Mirabelle. La 3ème année a lutté de toutes ses forces, maintenant elle n'a nulle envie de puiser dans l'énergie qui lui reste pour mettre les points sur les "i". Elle fait juste le point pour elle même,dans son intimité la plus stricte. Nul ne peut l'entendre Le Tableau l'a dit et répété, il faut rester unis. Nathan l'a lui aussi parfaitement compris. La discorde s'installe, elle n'est pas du fait des élèves. La Galloise se demande carrément si le danger ne viendrait pas des adultes. De la part de Mirabelle, il n'y aura aucune récrimination à voix haute à leur égard, cela ne ferait qu'attiser les dissensions. De toute évidence, c'est LE risque et, il a été clairement annoncé. Et non ! elle ne tombera pas dans le panneau. La Boutondore a une solution pour garder sa sérénité : remettre ses boules quies. Pour le moment, elle suivra les évènements de visu. * |
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Chroniqueuse Chicaneur ![]() ![]() 4e année
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Titre : Re : Chapitre 6.2 - Scylla
Créé : 20/09/2026 à 18:52:19 Depuis sa prise de parole, Margaret c’était volontairement mise à l’écart. Loin de ses camarades, le regard un peu perdu. Elle revoyait en boucle la scène de quand elle avait poussé cette pauvre Mary dans la gueule de Scylla. Pourquoi ? Pour pouvoir vivre. S’en sortir. Ce geste, elle l’avait commis dans l’urgence. Sans réfléchir. Ce n’était point excusable. Elle avait envoyé une jeune fille au casse-pipe à sa place. Pour espérer survivre le reste du voyage. Si, sur le coup, poussée par l’adrénaline, la jeune Dubois n’en avait pas fait de cas, maintenant la culpabilité se chargeait d’elle. Elle entendit Mr. Mitchell et Miss Parlambre prendre la parole. Lui répondre, mais leurs paroles passaient par une oreille et sortaient par l’autre. Elle voyait que l’horrible scène qu’elle avait elle-même perpétrée. Comme quoi, ce voyage allait révéler leurs valeurs, mais aussi tout ce qui se cachait au fond d’eux. La quatrième année découvrait malgré elle la lâcheté, la peur, la méchanceté et cette rage qu’elle avait au fond d’elle. Elle était apparemment prête à tout pour arriver à ses fins. Survivre. Car si elle ne faisait rien, elle allait être sur le menu de la prochaine créature, mais à quel prix ? Pendant ce temps, la brune vit qu’en filigrane ce qui se passait avec Nathan. Elle n’osait pas poser son regard sur son ami, par peur de voir la vérité défiler dans ses yeux marron. Comme elle n’osait point regarder ses camarades et les adultes qui s’étaient lancés dans un débat sans fin. Pourquoi, finalement ? Pour savoir qui avait tort et qui avait raison ? Ils étaient dans cette aventure, quoi qu’ils pussent en dire. Ce n’était plus le moment de faire marche arrière. Du coin de l’œil, la Serdaigle vit Nox cacher le tableau, ce qui fit sourire la bleu et bronze, mais sans plus. Elle était aussi d’avis que le tableau leur était précieux. Quoi qu’en disent les adultes. Se levant et se tournant pour regarder la mer qui s’étendait à perte de vue, les yeux émeraude de Margaret se perdaient dans le bleu azur de cette eau bien calme. Elle contemplait l’immensité, quand elle sentit une présence à ses côtés. Ce n’était pas le Fray, mais plutôt Jade, la bibliothécaire. Celle avec qui Margaret avait le plus de difficulté, sans savoir pourquoi. La jeune fille, qui semblait porter le poids du monde sur ses épaules, même si ce n’était pas le cas, soupira fortement. Comme si elle était prête, à nouveau, à en découdre. Alors que l’adulte était là sans arrière-pensées ou animosité. MARGARET : Je crois qu’il nous mène là où nous devons aller, dit-elle, les mains à plat sur le bois de leur embarcation. Vous savez, ce n’est pas Homère qui a imposé une image de tentatrice, d’égoïste ou de manipulatrices aux femmes de l’Iliade ou de l’Odyssée. Ce sont les hommes du 19e siècle qui ont apposé ces étiquettes aux femmes des récits d’Homère. Comme ils ont fait la même chose à toutes ces femmes dites sorcières. Alors, pourquoi lui faire porter le chapeau d’une chose qu’il n’a pas fait ? Le tableau, son portrait, est un outil utilisé par on ne sait qui pour nous faire traverser les mêmes épreuves qu’Ulysse. Certes, pourquoi lui faire confiance ? Peut-être parce qu’il est le seul à savoir où nous allons… Je le vois dans vos yeux que vous me trouvez difficile à cerner, un peu sans cœur. Que vous ne comprenez pas mes raisonnements ou mes actions. Pourquoi je ne fais confiance à aucun adulte ? Pourtant, vous en savez assez sur moi pour comprendre d’où je viens. La jeune fille se tourna vers l’adulte, le visage fermé. MARGARET : Vous savez, j’ai cherché pendant longtemps à attirer l’attention. Surtout celle de ma mère. Peut-être pas toujours de la meilleure des façons. Maintenant que je suis assez âgée à ses yeux, il faut que je lui prouve ma valeur. Que je lui prouve que je suis digne de la famille. Alors que je sais depuis que je suis en âge de comprendre que je n’ai pas une seule goutte de sang Dubois dans les veines. Je dois donc redoubler d’ardeur, de stratégie, pour que mère me voie, me considère. Aujourd’hui, devant Scylla, j’ai inconsciemment agi comme ma mère l’aurait voulu. J’ai poussé une fille dans la gueule du monstre pour vivre. Vous le croyez, vous ? J’ai sacrifié une personne qui n’avait rien demandé. Je ne sais pas si ça répond aux valeurs recherchées par le commanditaire qui nous a attribué le tableau d’Homère, mais voilà. Je devrai vivre avec cette histoire pour le restant de ma vie. Donc, vos belles paroles, vos discours sur la confiance et votre devoir de nous protéger, non merci. Nous avons montré à plusieurs reprises que nous étions dignes de nous battre au même titre que vous. Vous n’êtes pas nos anges gardiens, vous faites tout simplement partie de l’équipe. Comme chacun.e d’entre nous. Alors, cessez de nous dire à tout va quoi faire ou ne pas faire. Écoutez-nous, tout simplement. Peut-être que l’on finira par vous écouter aussi. Car ça va dans les deux sens. Sur ces paroles, Margaret se retourna une nouvelle fois vers la mer, inspirant l’air marin, le vent fouettant son visage et faisant sécher la petite larme qui glissait sur sa joue. ![]() Kit de Nathan Fray |
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Bibliothécaire ![]() ![]() Adulte
PJS de Lemony Parlambre |
Titre : Re : Chapitre 6.2 - Scylla
Créé : 20/09/2026 à 20:31:03 Poste déjà long - rédigé en même temps que Margaret. Promis, je te réponds plus tard !
* Ils n'ont pas confiance * , réalisa Jade, désespérée. * Ils n'ont pas confiance, et ils n'ont pas conscience de l'urgence de la situation. * Ils se connaissaient tous depuis si longtemps. Les Poufsouffles avaient grandi ensemble ; les Serdaigles aussi. Ils portaient les secrets les uns des autres et se protégeaient. Les grands du voyage, les élèves qui aidaient et se démarquaient le plus, n'avaient aucune confiance en elle. Une petite main se glissa dans la sienne, deux yeux implorants la suppliant de mettre fin à toute cette tension. Les pré-adolescents dont elles s'occupaient aussi étaient déchirés, mais ils ne se manifestaient pas exactement. Ils se mirent simplement à entourer Jade de façon silencieuse. Et Jade se demanda si, chez Nox qui la toisait d'un air mauvais, il n'y avait pas une volonté à être l'héroïne de cette histoire. Ils étaient dans un récit antique et un récit n'a qu'un héros, deux peut-être. Des meilleures amies, une romance. Quand elle avait dix ans, Jade Parlambre aurait sacrifié son frère jumeau pour tenir le monde entre ses mains. Onyx Parlambre aurait sacrifié sa soeur de l'exacte même manière, pour l'exacte même raison. Ironiquement, elle avait été répartie à Serpentard, et son jumeau à Poufsouffle. Quand elle avait dix ans, Jade Parlambre aurait volontiers tout fait pour tenir le monde entre ses mains. Quand elle avait dix-huit ans, Jade aurait tout donné pour ne pas être aussi puissante, priant aux déesses à chaque Sabbat afin qu'elles l'aident, la rendent moins dangereuse. Quand elle avait dix-huit ans, Jade vivait en France et nourrissait des idéaux de hiérarchie horizontale, avec un Conseil à la tête du monde magique qui voterait plutôt qu'une oligarchie sorcière, et elle n'éprouvait aucune envie d'être à ce Conseil rêvé. Quand elle avait tenu ses enfants dans ses bras, Jade avait appris qu'on est difficilement parent et résistant. Que si la bataille de Poudlard avait lieu alors qu'elle tenait sa fille par la main et son fils dans ses bras, elle resterait à la maison, parce qu'imaginer ne pas les voir grandir... Jade avait toujours songé que James et Lily Potter s'étaient effondrés à l'annonce de la prophétie concernant leur fils, et qu'ils désiraient plus que tout au monde qu'Harry ne soit pas concerné. Il y a des parents qui se délectent du fait que leur enfant soit Spécial, avec un nom à marquer l'Histoire. Elle avait eu ces parents. Elle avait subi les conséquences de ne pas être celle qu'ils désiraient, puis la cage lorsqu'elle avait démontré que si, ils pouvaient faire d'elle une arme. Jade n'en avait jamais fait partie. Le jour où Lemony l'avait appelée à l'aide, son monde s'était effondré. Le jour où elle avait pris son poste de bibliothécaire, Lemony était devenu un élève de Poudlard non affilié à un dortoir, et Jade devait vivre avec la peur constante de ce que cela signifiait. Peut-être un grain de poussière dont l'histoire ne retiendrait pas le nom. Peut-être le début de quelque chose de plus grand, qui broierait la vie de son enfant. Jade ne voulait rien d'autre pour les siens qu'une vie dans la norme. Mais elle s'était toujours juré de ne pas projeter ses rêves sur ses enfants, jamais, et elle avait accepté Lemony, avec son retard de développement psy, ses difficultés sociales, sa manière d'être toujours à contre-temps. Jade Parlambre n'avait eu aucun adulte responsable et elle en avait payé le prix fort. Elle s'était juré d'être un adulte responsable pour tous les enfants qui en avaient besoin et qui l'acceptaient. Elle s'était juré de n'être qu'un adulte responsable parmi d'autre, redirigeant gentiment lorsqu'elle ne pouvait pas aider, ainsi que Catherine Spinnet l'avait fait avec son propre enfant lorsqu'il s'était accroché à elle malgré son départ. * Ils n'ont pas confiance. Et j'ai les petits avec moi, comment pourrai-je leur faire subir d'interminables débats ou des altercations ? Il y a urgence, bon sang ! * Terry accusait le bateau d'essayer de les tuer. Elle n'était pas si sûre que ce soit le cas, mais elle pensait en effet qu'il n'était pas de leur côté. ***
Lorsqu'elle remarqua que Nox avait cessé de la dévisager avec hostilité, elle vit la jeune femme s'approcher du tableau. Pour quoi faire ? Le protéger ? — Les enfants est-ce que vous pourriez vérifier vos blessures et... Et récupérer les lettres que les défunts ont écrit pour leurs proches ? Nous allons les mettre dans le coffre-fort. L'unique endroit où les choses précieuses pourraient subsister et être découvertes en cas de naufrage. Et quoi de plus précieux que l'amour posé sur papier, qu'une lettre d'au-revoir, ou de tout ce qu'ils avaient couché d'intime sur les parchemins de qualité médiocre que Jade et Terry tentaient de leur fournir? Evidemment, elle n'en avait jamais lu un seul. La curiosité avait-elle eu raison de Terry? La jeune femme lui jeta un regard. Peut-être. Pour savoir s'il y avait quelque chose qui ne leur était pas avoué mais qui pouvait les mettre en péril ; un loup-garou risquant de se transformer sur le bâtiment, un enfant ayant un objet qu'il hésitait à utiliser... Mais Terry était aussi magizoologue et il était doué à son poste. Le baluchon semblait avoir exercé une sorte d'emprise sur lui. Ou bien... le traumatisme des deux élèves dévorés l'avait conduit à une mesure désespérée pour rentrer le plus rapidement possible. C'était une autre forme d'état altéré et Jade ne lui en voulait pas. La jeune femme se leva pour aller à la rencontre de Nox de Léon. — Le bateau est sentient et le tableau est une partie de ce qui nous permet d'avancer. Crois-tu vraiment que je puisse imaginer une seule seconde de l'endommager, quand nous pourrions tous en payer le prix fort ? Nox n'avait pas confiance. Elle lui prêtait des motifs... inconnus. — Ou bien penses-tu que j'ai pour objectif d'être la seule survivante et un quelconque plan secret pour m'en sortir ? Mon ancienne répartition à Serpentard ne fait pas de moi une personne individualiste avide de gloire et aveuglée par le besoin de célébrité. Elle tenta de dissimuler l'amertume dans sa voix, sans grand succès. Le système de répartition... il collait une étiquette sur les jeunes Pédouziens, et une fois adultes ils pouvaient peiner à s'en défaire. Jade était certes une Sang-Pur avec un nom à faire froid dans le dos et un nombre de contrat à pousser à la méfiance. Et pourtant, elle avait tout abandonné pour devenir bibliothécaire à Poudlard, quitte à perdre de l'influence, quitte à ce que les Parlambre cessent de rayonner autant, parce qu'il le fallait. Et chaque mois passé à Poudlard avait renforcé sa vocation. Être là pour ceux qui le désiraient. Ne jamais forcer la main de ceux pour qui Poudlard était le paradis, les meilleures années de leur vie ; eux se contenteraient d'emprunter les livres sans effleurer sa main, et elle l'acceptait sans souci. L'idée d'être dépeinte sous un tel angle faisait mal et l'enrageait. Jade n'avait jamais supporté l'injustice. Ni d'être accusée de mentir alors qu'elle disait la vérité. Mentir et se faire prendre la main dans le sac ? Tant pis. Elle assumait et relevait la tête. — Ce qui m'inquiète plus est la dévotion aveugle qui est portée au tableau. Vous vous défiez de Terry et moi... pourquoi ? Vous nous connaissez, au moins en partie, vous savez de quel siècle nous somme et quel est notre visage. Mais un tableau inconnu qui a admis qu'il nous avait mené de son plein gré vers des endroits de mort et de désolations... vous vous êtes accrochés à lui dès le premier jour. Vous ne lui demandez pas de faire ses preuves, vous ne lui demandez jamais de comptes, vous avez une foi et une loyauté déjà acquise. Pourquoi ? Les membres de l'équipage qui se démarquaient le plus et empêchaient les plus gros dommages étaient inévitables. En cas d'urgence, certains deviennent des meneurs. Jemima, Mirabelle, Margaret étaient extrêmement efficaces. Nox et Nathan étaient d'un soutien sans pareil. Meelo se démarquait autrement, mais il rappelait à Jade des notions essentielles et l'obligeait à se rappeler que les plus jeunes n'avaient pas la même résilience que ceux qui étaient déjà des adolescents, presque des adultes. Seulement ces membres-là l'avaient prise en grippe. Etait-ce parce qu'elle était la mère de Lemony, et que son fils était... différent ? Qu'il faisait de son mieux mais qu'il demeurait connu pour ses faux pas, ses difficultés ? Ou était-ce de la discrimination inconsciente parce qu'elle utilisait une magie de Vélane, ce qui la mettait à part des sorciers ? Les Vélanes avaient une réputation de ne vouloir que l'admiration et de se gargariser dans leur beauté et leur envoûtement. Les récits sorciers n'aidaient pas, mais encore une fois, ils avaient été écrits par des sorciers, avec des préjugés. Les Vélanes d'Europe de l'Est avaient dit à Jade que les femmes la verraient comme une menace, comme voulant l'attention du monde, plutôt que d'éprouver de la sororité avec elle. Que les hommes s'étaient assurés de cela. Elle avait cru que le XXIème siècle la mettait en sécurité. — L'arrivée à Ithaque approche. Dis moi, Nox, quel intérêt ai-je à mentir ? A m'attirer les foudres des autres, à voir les plus jeunes terrifiés ? Je ne veux pas les obliger à choisir un camp, mais je n'ai pas eu même le temps de parler. J'ai réalisé que Terry ne m'avait pas tenue au courant d'une information primordiale ; nous partageons tous les deux des suspicions en ce qui concerne Homère, mais avant même que nous ayons pu reprendre notre souffle, vous déclariez une loyauté éternelle au tableau... alors que nous avions posé des questions à Homère. Pas à vous. Deux personnes qui posent des question, ce n'est absolument pas un pugilat envers une pauvre créature innocente. A aucun moment, aucun, nous n'avons demandé le choix d'un camp. C'est... toi qui l'a imposé. En première. Tu as une influence, tu es suivie par les autres. J'ai demandé à remettre en question la confiance aveugle, à essayer plusieurs angles de vues... et me voilà, pour le coup, en proie à toutes les suspicions. Comprenait-elle, cette adolescente presque adulte, que l'influence qu'elle avait, elle devait y faire attention ? Que certains la suivraient, et qui si jamais elle se trompait, elle devrait faire face aux conséquence, qu'elle serait peut-être responsable de la mort de certains ? Comprenait-elle ce que s'imposer comme guide signifiait ? Jade était de toutes façons responsable. Terry et elle étaient les adultes, les gradés. Ils risquaient le jugement pour chaque mauvais pas. Ils risquaient le tribunal y compris s'ils faisaient tout leur possible pour aider mais que personne n'acceptait leur aide. Parce qu'il aurait fallu mieux faire, mieux aider, mieux attirer la confiance... Quoi qu'il arrive, ils ressortaient de cette Odyssée en devant annoncer les morts et faire face à chaque décision, y compris celle prise par les plus jeunes. C'est ce qui se passe dans une société. — Nous naviguons ensemble depuis plusieurs semaines... mais tu n'es jamais venue nous voir pour demander à être inclue dans les décision. Aucun d'entre vous. A aucun moment vous ne m'avez parlé. Je n'ai aucune idée de ce qui se passe dans vos esprits, et de pourquoi vous vous défiez ainsi de moi. Comment puis-je faire aider, mieux vous écouter, si vous ne m'adressez pas la parole ? C'était le souci de Poudlard. Les enfants étaient laissés seuls dès l'âge de onze ans. Les adultes n'étaient qu'accessoire. Pour Nox, et pour les autres, il était sans doute ridicule que les adultes se croient dans le droit d'être hiérarchiquement au-dessus. Est-ce qu'ils avaient pensé au fait que légalement, ils étaient nommés au poste, qu'ils devaient donc les protéger, et qu'ils étaient responsables d'eux ? Est-ce qu'ils avaient pensé au fait que, peut-être, à trente-huit ans, Jade était trop âgée pour un combat pour la gloire et voulait à peu près la même chose qu'eux : rentrer à la maison, mais que tous ses instincts lui hurlaient de protéger le plus d'enfants possible ? Parce que c'était qui elle était. Ce n'est pas facile d'être un adolescent. Mais être un adulte en minorité face à des adolescents qui ont décidé que peu importe les conséquences au retour, peu importe qu'eux ne soient jamais convoqués, peu importe qu'ils aient plus d'expérience et que ce soit leur devoir, en plus d'un besoin viscéral, que de mettre de l'ordre et de s'assurer d'un quotidien bien huilé... Jade avait une bulle de vide au ventre. Elle était en minorité, et ils l'accusaient tous de s'en prendre à Homère tout en s'en prenant collectivement à elle, et Terry. Même si Terry avait mieux réussi à gagner leur confiance. Jade Parlambre n'était pas parfaite, elle le savait. Elle aurait juste voulu... être au moins écoutée, et pas jugée, condamnée avec sentence exécutée en moins de cinq personnes et dix minutes.
Bibliothécaire à l'affut ~
Née Promise
Née à Imbolc "Je ne suis pas Humaine, Onyx, pas entièrement. Et là tiendra toujours ma force." |
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![]() ![]() Adulte
PNJ |
Titre : Re : Chapitre 6.2 - Scylla
Créé : 20/09/2026 à 20:35:02 Au fond du sac dans lequel Nox l'avait mis, le tableau d'Homère n'était pas content du tout. Ils étaient bien ingrats de le réduire ainsi au silence dans un vulgaire sac. Lui qui contrôlait une partie du navire auquel, comme certains l'avaient déjà deviné il était intimement lié. Alors quand l'adolescente le décrocha, un éclair suivit du coup de tonnerre associé rugit. L'éclair tomba heureusement dans la mer, mais assez proche pour effrayer les plus jeunes. « Vous avez besoin de moi et de mes conseils ! Remettez-moi ou vous subirez la colère des dieux ! Vous naviguerez à l'aveugle ! Vous coulerez dans cette mer enchantée ! » Cria le tableau, la voix étouffée dans le sac. Un nouvel éclair surgit, plus près encore. Il fallait rapidement agir. |
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Chroniqueuse Crocs ![]() ![]() 5e année
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Titre : Re : Chapitre 6.2 - Scylla
Créé : 20/09/2026 à 20:54:02 - Modifié : 20/09/2026 à 20:58:34
* Nox avait cherché à protéger Homère, mais il semblait furieux et elle se voyait mal le retenir de force, surtout que les discussions n'auraient probablement jamais de fin.
Elle ne voulait pas non plus que ça soit le tableau qui paye les pots cassés et elle l'entendait râler assez fort pour être entendu. Elle se précipita dans la barque où elle l'avait dissimulé et ouvrit le sac en toile de jute où elle l'avait enfermé. Elle avait pensé que tout s'arrangerait rapidement et que les adultes auraient juste un peu peur de l'avoir perdu, ce qui devait leur faire réaliser à quel point il leur était nécessaire. Elle le replaça à sa place initiale et croisa le regard de Margaret qui semblait sourire. * Nox - Je suis désolée, je cherchais juste à vous protéger, je n'ai pas pensé que vous auriez du mal à respirer, j'avais peur que certains de mes camarades aient l'idée de vous jeter à l'eau, j'ai cru bien faire. Au plus fort de son courage, elle tourna rapidement le dos sans attendre la réponse d'Homère, elle faisait pareil avec son serpentesque de père ce qui avait le don de l'énerver. |
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Chroniqueuse Crocs Disciple de Slug ![]() ![]() 7e année
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Titre : Re : Chapitre 6.2 - Scylla
Créé : 20/09/2026 à 21:48:15
* Plongée dans une bulle de profonde tristesse à la suite des événements dramatiques qui s'étaient produits, Jemima n'avait plus fait attention aux discussions de toutes sortes des uns et des autres.
Bien sûr, elle aurait dû être attentive mais ses pensées occupaient totalement son esprit. Finalement, ce fut le coup de semonce du Tableau et la voix furieuse d'Homère qui la tirèrent de sa torpeur. La jeune fille sursauta, se demandant ce qui s'était passé pour provoquer l'ire de celui-ci, et elle eut très vite la réponse lorsqu'elle vit que Nox sortait le Tableau de son sac et qu'elle le remettait en place. Un tableau étouffé, c'était une première, et, celui-ci, il valait mieux le garder, selon elle. *
Ma p'tite minette IRL est partie au paradis des chats
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Bibliothécaire ![]() ![]() Adulte
PJS de Lemony Parlambre |
Titre : Re : Chapitre 6.2 - Scylla
Créé : 20/09/2026 à 22:35:27 - Modifié : 21/09/2026 à 00:45:25 Il y avait Scylla. Il y avait Margaret qui poussait une élève. Il y avait encore deux morts. ***
Il y avait Terry qui tentait d'aider et rassurait Mirabelle dont l'instinct avait été le même que celui de Margaret. ***
Il y avait Margaret, qui pour la première fois s'ouvrait à Jade, Jade qui fut touchée en plein coeur et qui prit le temps de lui répondre. Toutes ces choses qui se déroulaient, vite, trop vite, et que l'esprit de Jade ne parvenait pas à appréhender. Alors Scylla, Terry, Margaret, qui importent pourtant tout autant, dans les souvenirs de Jade, étaient flous. Avant, ou après la foudre et le vol du tableau ? Elle se souvenait de l'urgence, et de la main divine. Elle se souviendrait du reste. ***
Lorsque Nox décrocha le tableau, l'éclair de Zeus que Jade aurait tant voulu imiter manqua de les foudroyer. Et le tableau se mit à tempêter en hurlant... exactement ce que Jade avait dit. Que sans lui, ils ne pouvaient pas continuer. A dire vrai, elle n'avait pas pensé qu'il était possible de séparer le tableau du reste du bateau. Pour elle, la magie qui liait les deux les rendait liés de façon inextricable. Une petite grimace de douleur traversa son visage et elle éprouva de la compassion. Sachant qu'il était lié, et donc capable de ressentir les choses, il avait dû souffrir. Ô, l'ironie. Jade n'avait jamais eu aucune intention de heurter le tableau, et en avait pourtant reçu toutes les accusations. Et au final, celles qui le défendaient commettaient l'outrage. Jade n'avait jamais été une élève populaire. Elle était habituée à être méprisée, d'abord pour son inaptitude à la sorcellerie ; ensuite pour son ascendance de créature. C'avait été inconscient puisqu'elle-même ignorait ce qu'être Vélane voulait dire et qu'elle n'avait révélé à personne ce que contenait réellement son "allergie aux astres". Mais la discrimination avait été là. Et elle restait, même à l'âge adulte. Jade s'approcha de la cabine. Tu es l'adulte. Tu dois prendre sur toi même quand tu es blessée. Tu dois laisser une seconde chance. Tu dois aider n'importe quel élève sans distinction. C'est ça, être l'adulte. La jeune femme inspira pour se calmer. Parfois, l'on oublie trop vite que les adultes, les parents, les professeurs, ont autant d'émotions que vous, qu'ils peuvent aussi être blessés par les mots, atteints par l'ostracisation. — Il faut remettre le tableau en place. Il est possible qu'il ait eu mal. A présent, peux-tu me répondre ? T'adresser véritablement à moi ? Ecouter lorsque Homère comme moi t'expliquons qu'il n'est pas un tableau normal, qu'il est le bateau entier ? Ecouter lorsqu'il profère des menaces parce que tu as commis une erreur ? Tu as failli être foudroyée, Nox ! Pour une action qui n'était pas mal intentionnée. Ecoute-moi véritablement. Je demande à ce que l'on ne suive pas aveuglément les instructions d'Homère, que nous résolvions l'énigme de ceux qui tirent les ficelles avant de débarquer à Ithaque ; je ne nie pas que le tableau est nécessaire ! Mais alors que tu as voulu le mettre en sécurité par manque de confiance en moi, tu as failli mourir ! Et ça n'aurait pas dû arriver. Une adolescente de quinze ans n'a pas à être violentée et menacée ! Jade tut que son coeur avait failli s'arrêter. Que la mort de Nox aurait été sa faute parce qu'elle n'avait pas réussi à gagner sa confiance. Elle n'y arrivait pas. Certes, les adolescents ne rendaient pas les choses faciles... mais s'ils parvenaient à lui parler ! Avait-elle trop été auprès des plus jeunes ? Pourtant ils avaient tout autant besoin d'elle. Et Terry n'avait pas fait remonter d'échos selon le quotidien organisé sur le bateau. Il n'avait pas plus été abordé. La colère gonfla la gorge de la jeune femme, quoi qu'elle préférât sagement la dissimuler. Les dieux grecs étaient connus pour leurs puissance hors normes et leur susceptibilité, pour leur mépris des humains et la violence de leurs châtiments lorsque ceux-ci se révélaient doués. Comment avoir confiance face à une histoire de vengeance qui remontait à, justement un affrontement divin ? Face à une haine mutuelle et une destruction assurée entre Athéna et Poséidon ? Que feraient-ils s'ils étaient censés prendre partis pour juger la moralité de Troie, du Cheval, pour choisir entre la déesse de la stratégie guerrière et le dieux des mers, sachant que le perdant se vengerait ardemment ? Ils avaient besoin des informations d'Homère. Besoin de questionner. Il n'était vraiment plus temps de suivre sans demander.
Bibliothécaire à l'affut ~
Née Promise
Née à Imbolc "Je ne suis pas Humaine, Onyx, pas entièrement. Et là tiendra toujours ma force." |
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Préfet Chroniqueur Chicaneur ![]() ![]() 4e année
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Titre : Re : Chapitre 6.2 - Scylla
Créé : 20/09/2026 à 23:05:17
À force de crier, quelqu'un avait enfin remarqué l'aiglon toujours dans une position précaire sur la flèche. C'est Nox qui le ramena sur le pont.
NATHAN : Merci beaucoup Nox, je commençais à avoir mal au... À avoir mal quoi. Merci encore. De grandes discussions semblaient avoir lieu mais le préfet de Serdaigle était trop épuisé pour suivre. Il se posa dans un coin pour retrouver un peu ses esprits et oublier ce qu'il s'était passé. Tout avait été trop rapide. Il retint un chagrin qui ne demandait que de sortir et il n'avait qu'une seule envie : retrouver son ancre. Il releva la tête et chercha Margaret du regard. Il tomba sur elle de l'autre côté du pont alors qu'elle échangeait avec Jade. Il observa, cherchant à savoir si cet échange était courtois ou s'il devait intervenir. Ne comprenant pas ce qu'elles se disaient, le Fray attendit quelques instants, quand Margaret se retrouva seule pour se diriger vers elle. Ses pas furent rapides et il ne laissa pas le temps à la Dubois de le voir arriver qu'il l'enlaçait déjà. C'est tout ce qu'il lui fallait. Maintenant. Juste elle et le monde qui pouvait disparaître autour d'eux. Il ne l'avait pas vu durant l'attaque, trop occupé à survivre lui même. Il ignorait tout ce qu'avait fait son amie mais peu importe, elle était vivante. Il ne la lâcha pas. Il resta ainsi longtemps, trop longtemps sans doute. Il n'avait pas besoin de mots, juste de ce contact presque vital. Ce fut l'émotion qui suivit qui lui dicta de desserrer son étreinte. Le barrage céda et les larmes coulèrent, couvrant son visage qui exprimait la joie de la savoir en vie et la tristesse de ce qu'ils avaient vécu. NATHAN : Tu vas bien, tu vas bien, tu es là, tout va bien. Sa phrase fut ponctuée d'un éclair qui déchira les nuages mais Nathan l'ignora. Le ciel pouvait bien leur tomber sur la tête tant qu'il était là et qu'il pouvait prendre Margaret une dernière fois dans ses bras. |
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